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Les Beatles, amusement discographique

 

Pour reprendre l'écriture et les chroniques, quoi de mieux que de se lancer dans un de ses exercices favoris ? J'ai donc choisi de reprendre les écoutes intégrales d'une discographie pour faire un petit classement personnel. Et j'ai choisi de m'attaquer au monument principal de la musique pop, les Beatles. L'occasion pour moi de me rendre compte que je suis toujours passé à côté de leur œuvre. Dans mon souvenir, il y avait une des deux célèbres compilations à la maison (la rouge je crois) mais personne n'écoutait les Beatles. Mon père m'avait offert un double CD lors de mon entrée en sixième mais c'était des enregistrements live sur la BBC dont l'intérêt était limité pour un jeune adolescent.

Bref, attaquons le classement. Notons que, contrairement aux discographies Bowie et Stones, je n'ai vraiment détesté aucun disque. Le fait que la carrière du groupe n'ait duré que 6 ans joue forcément face à des artistes disposant de plus de quarante années pour se rendre ridicule. Les carrières solos des Fab Four viennent d'ailleurs étayer ce propos. 

 

12 - Beatles for Sale (1964) : 5. 

C’est vraiment le disque le moins intéressant de la discographie des Beatles. Les reprises sont mornes, les compositions pas vraiment plus marquantes. En lisant l’histoire de l’album, on imagine la lassitude du groupe après 2 ans de tournées et d’enregistrements incessants. L’ironie du titre et la jolie pochette sont les principales qualités de cet album.

 

 

11 - With The Beatles (1963) : 6. 

Second album, publié dans la foulée du premier « 1 tube par mois, 2 albums par an ». Franchement, je lis que cet album est estimé parce que les Beatles sont considérés comme plus inventifs et plus innovants mais le plaisir d’écoute est moins évident. Les reprises sont plus faibles et les compositions ne me marquent pas particulièrement. J’ai même dû réécouter le disque une seconde fois pour avoir quelque chose à en dire.

 

 10 - White Album (1968) : 6. 

Le symbole de mon incompréhension des Beatles. Encore une fois, il y a des chansons superbes (Back In the USSR, While My Guitar, Piggies…) mais il y a tellement trop de choses sur ce double album (comme sur tous les doubles albums ?). Des paroles lénifiantes, des titres inutiles (notamment les rocks absolument ringards qui ouvrent le pénible disque 2). Je ne parlerai pas des chansons expérimentales qui m’ont toujours superbement ennuyé et dont j’ai attendu l’écoute avec une crainte qui ne s’est pas démentie. Surtout, pour moi cet album souffre de la comparaison avec ce qui se fait de l’autre côté de l’atlantique à la même époque.

 

9 - Let It Be (1970) : 6,5. 

Difficile d’enchainer ce disque après le précédent lors d'une écoute chronologique. Je pense que je le découvre en entier pour la première fois. J’en ai également profité pour écouter la version Naked, mais je n’ai pas vraiment ressenti une émotion différente. L’histoire du disque suffit à illustrer ses faiblesses. Surproduit, sans cohérence et seulement sauvé par ses gros tubes et quelques inventions sonores sympathiques, on est très loin du formidable projet dans lesquels le groupe pensait s'engager.


8 - Revolver (1966) : 7. 

Cet album m’a toujours été vanté comme le meilleur disque des Beatles et celui qu’il est impensable de ne pas aimer. Du coup, j’ai essayé des dizaines de fois de l’écouter, en me disant que mon incompréhension allait bien finir par se lever. Malgré deux nouvelles écoutes ce week-end, je dois une nouvelle fois me déclarer imperméable à ce disque. Il y a certes de forts jolis tubes, mais il y a aussi trois ou quatre trucs qui ressemblent à des génériques de supermarché.

 

7 - Magical Mystery Tour (1967) : 7. 

Difficile d’apprécier cet album dans une écoute chronologique. En lisant quelques articles dessus, je comprends mieux mon sentiment car l’album n’est pas pensé de manière cohérente mais plus une compilation de singles, ajoutée à un maxi qui accompagne un film. Du coup, si on isole ces 6 titres, on retrouve une cohérence mais on perd les tubes (à part l’excellent I Am The Walrus).

 

 

6 - Please Please Me (1963) : 8. 

Joli disque rock. Les compos sont plutôt sympathique et les reprises efficaces. Quand j’étais enfant, on m’avait offert une compilation des reprises rock des Beatles jouées à la BBC. Ce double CD a longtemps été ma seule connaissance réelle des Beatles et du coup, la plupart des reprises étant sans intérêt, j’en gardais un mauvais souvenir. Rien à voir avec ces versions albums et notamment Twist and Shout qui clôt efficacement le disque. 

 

 

5 - A Hard Day's Night (1964) : 8. 

Comme souvent par la suite, ce disque comporte cette sensation étrange d’être écrasé par ses tubes. Difficile d’exister quand on est coincé au milieu de morceau devenu des standards d’anthologie. Néanmoins, la face B, moins connu comporte des jolis rocks efficaces et nettement plus intéressants que sur le disque précédent.

 

 

 

 4 - Help (1965) : 8. 

Une autre grande découverte pour moi. Cet album, dans mon ressenti, était un disque quelconque avec ses tubes un peu lénifiant. Mais en le replaçant dans une discographie, on prend conscience de son caractère de fin d’une époque, limite de fin d’un monde. Les premiers Beatles sont en train de mourir et ils appellent à l’aide. Bon, Yesterday reste un grand moment de soupe sirupeuse. Mais le reste du disque est franchement intéressant.

 

 

3 - Rubber Soul (1965) : 9. 

Album découvert sur le tard, probablement quand j’ai eu l’occasion de récupérer à faible prix le joli coffret de réédition des albums « In Mono ». C’est loin d’être ma musique préférée au départ mais il faut reconnaitre la force du disque. J’ai lu que ce disque faisait partie d’une sorte de trilogie avec les deux disques suivants mais j’ai plus eu le sentiment d’un disque de clôture de la période précédente en même temps d’une ouverture vers la suite. Un disque de transition, exercice que j’aime beaucoup. Un grand disque, qui arrive à lier la musique grand public avec une grande exigence et des expérimentations sonores certaines.


  2 - Abbey Road (1969) : 10. 

Je dois vous avouer un truc. Je pense que je viens d’écouter ce disque pour la première fois de ma vie. Je ne saurais pas dire pourquoi je suis passé totalement à côté jusqu’ici, si ce n’est le fait qu’il n’est pas dans le coffret « In Mono ». J’en connais évidemment beaucoup de chansons mais je les découvre pour la première fois dans leur cohérence. Pas grand-chose à dire du coup. C’est vraiment de la très grande musique.

 

 

 1 - Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band (1966) : 10. 

Seul disque des Beatles que j’écoute depuis toujours. Tout simplement incroyable. L’album est dense, cohérent malgré la présence de tubes absolus qui écraseraient tout autre album que celui-ci. Chaque chanson mérite qu’on s’y arrête, qu’on la réécoute séparément des autres. Et pourtant, c’est bien l’enchaînement des titres qui fait de ce disque un des plus grands jamais enregistrés.

 


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