Peu de pays ont une histoire récente aussi tragique que la Syrie : 50 ans de dictature, 13 ans de guerre civile, et des massacres oubliés, comme celui de la ville de Hama en 1982. Cette dictature héréditaire, où le fils s’est révélé aussi sanguinaire que le père, s’est appuyée sur une forme de crédit idéologique, lié au mythe socialisto-laïque du parti Baas, bien éloigné de la réalité du régime des Assad. Voir ce régime s’effondrer en quelques jours, même si la prudence reste de mise quant aux vainqueurs, suscite un formidable élan d’espoir. Aucune dictature n’est éternelle, et aucun peuple n’est destiné à être martyr. Que tous les tyrans du monde gardent cette réalité en tête ! Aujourd’hui, il est impossible de prévoir ce que sera la Syrie de demain. Les rebelles forment un mélange hétéroclite : des jihadistes qui ont lissé leurs discours (et pour l’instant, leurs actes), des mercenaires à la solde turque, les rares survivants de l’opposition laïque, et les Kurdes. Tous ont des agen...
Difficile de dire qu’on n’a pas vu venir les résultats des élections. Depuis la présidentielle de 2017 et l’élimination de François Fillon dès le premier tour, la droite dite républicaine ne cesse de s’affaiblir et de laisser la place au Rassemblement National. Car c’est la première leçon de ces élections. La droite se recompose en mettant fin au modèle issu de la seconde guerre mondiale. En effet, au lendemain de la guerre, la droite sort décapitée par la collaboration d’une grande partie de ses cadres et de ses élites et ne doit son honneur qu’au Général De Gaulle qui peut reprendre le flambeau des valeurs conservatrices et qui va symboliser la droite française pendant les cinquante années suivantes. Mais cette période est avant tout une parenthèse, avec une extrême droite cantonnée à l’extérieur du cercle républicain et une droite traditionnelle héritière de De Gaulle. Sans refaire l’histoire de la droite française et de ses trois courants orléaniste, bonapartiste et légitimiste...