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Affichage des articles associés au libellé Etre de gauche

Repenser la gauche

Difficile de dire qu’on n’a pas vu venir les résultats des élections. Depuis la présidentielle de 2017 et l’élimination de François Fillon dès le premier tour, la droite dite républicaine ne cesse de s’affaiblir et de laisser la place au Rassemblement National. Car c’est la première leçon de ces élections. La droite se recompose en mettant fin au modèle issu de la seconde guerre mondiale. En effet, au lendemain de la guerre, la droite sort décapitée par la collaboration d’une grande partie de ses cadres et de ses élites et ne doit son honneur qu’au Général De Gaulle qui peut reprendre le flambeau des valeurs conservatrices et qui va symboliser la droite française pendant les cinquante années suivantes. Mais cette période est avant tout une parenthèse, avec une extrême droite cantonnée à l’extérieur du cercle républicain et une droite traditionnelle héritière de De Gaulle. Sans refaire l’histoire de la droite française et de ses trois courants orléaniste, bonapartiste et légitimiste...

Voter contre l'extrême-droite pour sauver la gauche

  Pour la troisième fois depuis que je vote, le second tour opposera un candidat de droite à un.e candidat.e d’extrême-droite. En 2002, Chirac l’avait emporté à 82%. En 2017, Macron l’avait emporté avec 65% des voix. Cette année, les sondages le donnent vainqueur à 52 %, soit en dessous de la marge d’erreur. Et j’ai très très peur. J’ai peur parce que, pour la première fois, l’extrême-droite a un vrai réservoir de voix pour le second tour. J’ai peur parce que depuis 5 ans, tous les mouvements sociaux d’ampleur ont été portés par l’extrême-droite (gilets jaunes, montée du complotisme, lutte contre le pass sanitaire…). J’ai peur parce qu’à chaque fois de plus en plus de gens « de gauche » déclarent ne pas vouloir voter contre l’extrême-droite, pour tout un tas de raison qui vont de « ça ne sert à rien » à « de toute façon c’est la même chose ». J’ai peur parce que cela veut dire qu'ils ne se rendent même plus compte d’à quel point ils sont déconnect...

Benoit Hamon ou la mort clinique du Parti Socialiste

  Le choix de Benoît Hamon comme candidat du Parti socialiste marque un tournant important. C’est la première fois depuis Mitterrand, qu’un candidat de la première gauche est choisi par le parti. C’est surtout la première fois que le parti n’envoie pas au combat un « réaliste ». Attention. Malgré sa communication pour nous faire croire qu’il serait le symbole du changement, Hamon est bien un pur produit de l’appareil socialiste. Celui que toute personne qui a un tout petit peu milité connaît, mais qui peut paraître étrange à un non-initié. Hamon c’est le MJS, comme pour d’autres l’UNEF et la MNEF… Formé dans les mêmes cercles que Manuel Valls [1] , attaché parlementaire à 24 ans, président du Mouvement des Jeunes Socialistes deux ans plus tard, il est la définition même de l’apparatchik socialiste. Le PS a toujours été constitué de deux blocs. L’un, majoritaire chez les militants mais minoritaire dans l’électorat et chez les cadres dirigeants, qui se sent ...

Vive le CPE

Article écrit suite à un appel à témoins de libération pour cet article Il y a dix ans, je me suis engagé contre le CPE. J’y ai mis tout mon cœur et toute mon âme. Pas forcément parce que j’étais contre ce contrat, même si je trouvais ça particulièrement nul, mais surtout parce que c’était une expérience de vie incroyable. A l’époque, j’étais étudiant à Lyon 2, en première année de master d’Histoire. Bon, en vrai je savais déjà que ça ne mènerait à rien et que mon mémoire resterait au stade de l’ébauche. Mais depuis le début de l’année universitaire, j’avais autre chose qui me rattachait à la fac. Avec quelques copains, on avait créé un journal politique, culturel et satirique. On rêvait d’être le nouveau Charlie Hebdo et de remplacer le Monde Diplo, on espérait être embauché à Libé, mais en attendant, on préférait écrire des conneries et faire rire et débattre les quelques centaines de personnes qui achetaient notre journal à prix libre. Alors, forcément, quand le mouvement à comme...