Visiblement, avoir une opinion sur un sujet aussi grave que la mort d'un gamin et les émeutes qui s'en suivent permet deux options. Soit on trouve normal qu'un policier abatte un gamin qui a refusé d'obéir, soit on doit trouver que les émeutes sont l'expression d'une colère légitime. Tout autre opinion n'existe visiblement plus.
Pourtant, cette affaire illustre parfaitement le double problème que nous avons actuellement dans les quartiers sensibles.
Tout d'abord, c'est vrai, il y a un problème avec la police française. Trop de policiers se comportent mal, jouent aux cowboys, parlent mal, provoquent, insultent... On avait une blague avec les jeunes que j'accompagnais il y a 15 ans "la seule différence entre un flic et une caillera, c'est la forme de la casquette". Le racisme, la violence, le mépris gangrènent la police française et c'est une honte de fermer les yeux là-dessus. Plus grave encore, c'est une honte que nos gouvernements successifs baissent les yeux depuis 20 ans sur les syndicats de policiers et obéissent à toutes leurs demandes, y compris ce fameux article 435-1 ou le refus des mesures d'identification des policiers. On l'a vu lors des différents mouvements sociaux. Le sentiment d'impunité de la police est total et donc, potentiellement dramatique.
Mais il y a un second problème dans les quartiers sensibles. Ce sont les trafics et la mainmise de certains sur des quartiers entiers, terrorisant la population et entraînant les plus jeunes dans leur délinquance.
Il faut arrêter le discours lénifiant sur la banlieue. Nous ne sommes plus dans les années 80, avec l'imaginaire des parents immigrés débordés par leur jeunesse désœuvrée. Désormais, ce sont ces anciens "jeunes désœuvrés" qui sont les parents. Arrêtons de croire que les trafics et les gangs sont aux mains des jeunes de moins de 25 ans. Arrêtons de croire qu'il y a des gentils adultes et des pauvres jeunes dans ces quartiers. Non. Il y a une immense majorité de gens qui souffrent, de gens pauvres, de gens qui essaient de joindre les deux bouts et dont le quotidien est transformé en enfer par ceux qui tiennent ces quartiers, y compris pendant les émeutes actuelles. Il y a un entresoi terrible qui nourrit le nihilisme consumériste que les pillages racontent aussi bien que l'esthétique d'un clip de Booba.
Ceux qui brûlent des écoles, des médiathèques, des centre sociaux, des crèches, des bibliothèques, sont, au mieux des idiots manipulés, au pire, des ennemis de la liberté, de l'émancipation et de la connaissance. Ceux qui pensent qu'une attaque sur un centre commercial ou un commissariat peut se mettre en place sans une coordination de gens qui savent très bien ce qu'ils font sont soit immensément naïfs, soit complices.
Il n'y aura pas de révolution derrière ce cri d'un lupenproletariat dépolitisé. Par contre, comme en 2005, il y aura une sacrée réaction.
Le constat est triste mais il y a plein de choses à faire. Former les policiers. Renconstruire le lien avec les acteurs du terrain. Rendre indépendant les structures chargées du contrôle des force de l'ordre. Rappeler à la BAC que sa mission est de lutter contre la criminalité, pas de faire des contrôles d'identité qui crispent la population.
Il faut aussi s'occuper des trafiquants, ce qui doit être la mission première de la police. Peut-être en légalisant le canabis ou en luttant contre les consommateurs privilégiés qui font vivre ces activités malsaines. Reprendre le terrain, virer les dealers et réoccuper les espaces publics qu'ils se sont appropriés. Former, éduquer, encadrer les plus jeunes... Il y a aussi des habitats à refaire, des transports publics à repenser, des libertés pour les femmes ou les personnes LGBT+ à soutenir...
Mais surtout, il faut arrêter de fermer les yeux sur ce qui va mal, arrêter de soutenir des associations qui entretiennent le statu quo, soit par leur nullité, soit par idéologie politique. Il faut se rendre compte des dégâts causés par les religieux et par tout ce qui entretient le repli communautaire et l'entresoi. Et surtout, faire renaître un discours d'espoir, d'émancipation et de construction.
Pourtant, cette affaire illustre parfaitement le double problème que nous avons actuellement dans les quartiers sensibles.
Tout d'abord, c'est vrai, il y a un problème avec la police française. Trop de policiers se comportent mal, jouent aux cowboys, parlent mal, provoquent, insultent... On avait une blague avec les jeunes que j'accompagnais il y a 15 ans "la seule différence entre un flic et une caillera, c'est la forme de la casquette". Le racisme, la violence, le mépris gangrènent la police française et c'est une honte de fermer les yeux là-dessus. Plus grave encore, c'est une honte que nos gouvernements successifs baissent les yeux depuis 20 ans sur les syndicats de policiers et obéissent à toutes leurs demandes, y compris ce fameux article 435-1 ou le refus des mesures d'identification des policiers. On l'a vu lors des différents mouvements sociaux. Le sentiment d'impunité de la police est total et donc, potentiellement dramatique.
Mais il y a un second problème dans les quartiers sensibles. Ce sont les trafics et la mainmise de certains sur des quartiers entiers, terrorisant la population et entraînant les plus jeunes dans leur délinquance.
Il faut arrêter le discours lénifiant sur la banlieue. Nous ne sommes plus dans les années 80, avec l'imaginaire des parents immigrés débordés par leur jeunesse désœuvrée. Désormais, ce sont ces anciens "jeunes désœuvrés" qui sont les parents. Arrêtons de croire que les trafics et les gangs sont aux mains des jeunes de moins de 25 ans. Arrêtons de croire qu'il y a des gentils adultes et des pauvres jeunes dans ces quartiers. Non. Il y a une immense majorité de gens qui souffrent, de gens pauvres, de gens qui essaient de joindre les deux bouts et dont le quotidien est transformé en enfer par ceux qui tiennent ces quartiers, y compris pendant les émeutes actuelles. Il y a un entresoi terrible qui nourrit le nihilisme consumériste que les pillages racontent aussi bien que l'esthétique d'un clip de Booba.
Ceux qui brûlent des écoles, des médiathèques, des centre sociaux, des crèches, des bibliothèques, sont, au mieux des idiots manipulés, au pire, des ennemis de la liberté, de l'émancipation et de la connaissance. Ceux qui pensent qu'une attaque sur un centre commercial ou un commissariat peut se mettre en place sans une coordination de gens qui savent très bien ce qu'ils font sont soit immensément naïfs, soit complices.
Il n'y aura pas de révolution derrière ce cri d'un lupenproletariat dépolitisé. Par contre, comme en 2005, il y aura une sacrée réaction.
Le constat est triste mais il y a plein de choses à faire. Former les policiers. Renconstruire le lien avec les acteurs du terrain. Rendre indépendant les structures chargées du contrôle des force de l'ordre. Rappeler à la BAC que sa mission est de lutter contre la criminalité, pas de faire des contrôles d'identité qui crispent la population.
Il faut aussi s'occuper des trafiquants, ce qui doit être la mission première de la police. Peut-être en légalisant le canabis ou en luttant contre les consommateurs privilégiés qui font vivre ces activités malsaines. Reprendre le terrain, virer les dealers et réoccuper les espaces publics qu'ils se sont appropriés. Former, éduquer, encadrer les plus jeunes... Il y a aussi des habitats à refaire, des transports publics à repenser, des libertés pour les femmes ou les personnes LGBT+ à soutenir...
Mais surtout, il faut arrêter de fermer les yeux sur ce qui va mal, arrêter de soutenir des associations qui entretiennent le statu quo, soit par leur nullité, soit par idéologie politique. Il faut se rendre compte des dégâts causés par les religieux et par tout ce qui entretient le repli communautaire et l'entresoi. Et surtout, faire renaître un discours d'espoir, d'émancipation et de construction.
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